Chronique 13 TRS : Edward Sakedos l’Apprenti Nécromant, d’Anthony Lamacchia

Couverture du livre

Résumé : Dans le village de Lourde-Brume, vit un jeune garçon : Edward Sakedos. Mais il n’est pas un enfant comme les autres : c’est un nécromant, un magicien capable de communiquer avec les morts. Pour se venger des vacheries de ses camarades de classe et les effrayer, Edward décide d’invoquer Wilfried Desfriches, condamné à la peine capitale pour avoir assassiné treize enfants. Mais alors que le zombie sort de sa tombe, celui-ci confie qu’il n’a jamais tué personne, qu’on l’a accusé à tort, et que le vrai meurtrier court toujours et risque de récidiver à tout moment. Commencent alors les péripéties d’Edward Sakedos pour sauver les enfants du village de Lourde-Brume.

Edward Sakedos l’Apprenti Nécromant est un roman fantastique jeunesse écrit par Anthony Lamacchia et publié en auto-édition en septembre 2019.

Dans un premier temps, je me suis amusée de ce style de lecture. Il s’agit d’un roman jeunesse (il est indiqué sur amazon qu’il s’agit d’une lecture visant les 11-18 ans), et pourtant, malgré le jeune âge du protagoniste, je me suis tout de suite sentie à l’aise dans l’avancée du livre. Le personnage, attachant, un brin original (mais qu’est-ce que la normalité après tout ?) et peu intéressé par l’environnement testostéroné d’un garçon de son âge, nous emmène dans son monde d’apprenti nécromant (et il s’avère qu’il est plutôt doué). J’ai également vraiment accroché à l’histoire, étant fan du monde fantastique, de la magie et de tout ce qui en découle.

Ce livre, teinté d’un humour cynique pourtant assez léger, possède un rythme incroyable avec un narrateur échangeant avec son protagoniste : on assiste à une conversation entre les deux, le héros reprenant le conteur, si ce qui est dit ne lui convient pas ; et tout cela sans alourdir la lecture, bien au contraire. Cela rajoute un petit plus, en nous permettant de voir l’évolution du personnage tout le long du livre, simplement en agrémentant deux ou trois fois par pages (et parfois moins), la pensée fugace de l’adolescent se justifiant, de manière un peu maladroite, de ses actions. Car même s’il est un nécromant, le garçon est, encore et toujours, habité par une maladresse enfantine amusante.

« J’ai le pouvoir de parler aux morts ! J’ai le pouvoir de voir l’invisible ! Je n’ai pas peur du noir, du sang ou des monstres ! Je n’ai pas peur des tueurs d’enfants ! Je ris de l’horreur, je ris de la cruauté, je ne crains pas… – Edward ! À table ! – Oui ! J’arrive ! »

J’ai beaucoup apprécié l’humour du livre, notamment le nom des personnages qui donne (encore) un brin comique à l’écriture, en utilisant des figures de style telles que la synecdoque (la partie pour le tout si vous vous souvenez de vos cours de français), comme pour le professeur de sport Monsieur Crampon, ou notre héros lui-même, un « sac d’os » qui n’a que la peau sur les os.

De plus, chaque détail dans le roman a son importance : prenez garde à ne pas sauter de ligne, ou ne lisez pas en vitesse, sous prétexte que vous pourrez perdre quelques bouts de phrase et d’indices qui amènent à la déduction finale, à un dénouement proche et pourtant pas si évident à trouver. Et finalement, quand toutes les pièces s’assemblent, vous retrouvez, en remontant dans le temps et en vous remémorant tous ces petits détails qui vous ont semblés dénués d’importance, le fil conducteur du scénario.

L’auteur nous dresse là un contexte extrêmement intéressant : parler de la mort dans un roman jeunesse est un exercice plutôt risqué, mais ce thème est abordé avec brio et beaucoup de légèreté. Aidé par sa plume savante, il arrive à rendre la mort plus supportable pour ceux qui la voient mais qui ne la vivent pas. Il aborde également des thèmes de société comme la richesse (et la manière dont les personnes possédant énormément de ressources arrivent à s’en servir pour tout contrôler), le harcèlement scolaire, qui est quelque chose de très présent en ce moment dans les discussions sur notre société, il introduit une sorte de réflexion sur la peine de mort… Tous ces sujets sont assez sensibles à aborder pour la jeunesse, mais c’est vraiment une prouesse qu’il réalise là en amenant le jeune lecteur à porter une vision un peu plus critique sur le vécu collectif, à le former à minima sur ce qu’il se passe en dehors de chez lui et à pousser son introspection sur ses actions et ses pensées (et tout cela même s’il s’agit d’un roman imaginaire).

« Les hommes riches et influents ont vraiment le pouvoir de détruire des vies »

L’amour est aussi délicatement abordé, nous permettant de suivre la naissance de sentiments nouveaux chez le protagoniste, et cet amour n’est pas brusqué par l’auteur, il est amené doucement, gentiment, correspondant totalement à la manière dont un enfant de l’âge de notre héros pourrait ressentir ces émotions : étonné, effrayé peut être puisqu’il n’a jamais connu ça avant. Bref, cet aspect là est très joliment décrit.

L’histoire est teintée d’une morale positive, que l’on retrouve en fin du roman : « On se reverra. Un jour, on se reverra tous », qui dans un premier temps dédramatise la mort ; et, dans un second temps, rappelle que lorsque nous sommes morts, nous redevenons tous égaux : elle nous attend tous, pauvre, riche, femme, homme… Ce qui nous permet quand même de prendre conscience de certaines choses, et peut être rendre cette partie là de la vie (enfin du coup non, mais vous voyez où je veux en venir), un peu moins effrayante.

« On se reverra. Un jour, on se reverra tous »

C’est un roman qui se lit vite et très facilement, qui arrive tout de même à rester très léger (oui, on a compris que c’était léger Jade) dans la manière avec laquelle il aborde les choses (donc il convient tout à fait à la catégorie d’âge ciblée). Le vocabulaire est savamment utilisé par l’auteur, qui nous offre une montée en puissance du livre spectaculaire, tenant le lecteur en haleine jusqu’à la toute fin, l’incitant à lire les quelques dernières pages au plus vite, pour ne pas perdre un seul instant afin de connaitre la fin de cette histoire si bien ficelée. En effet, il ne manque rien à ce roman. Il possède littéralement tout ce dont j’attends d’un livre pour me complaire dans une lecture aisée, touchante, virevoltante d’émotions et captivante.

À lire ou pas ? Honnêtement, foncez. Même si vous n’êtes pas dans la catégorie jeunesse, vous pouvez le lire, il n’est pas infantilisant et le vocabulaire utilisé est superbe, ce qui est très important dans le monde du roman jeunesse : eh oui, même les jeunes ont le droit d’avoir des romans avec une plume formidable, et cet aspect est souvent négligé dans les livres jeunesses que j’ai pu lire.

5/5, ce livre est vraiment un gros gros coup de coeur, je vous le recommande à tous !

Cette chronique est maintenant terminée et j’espère qu’elle vous a plu ! Elle est un peu plus vivante (sans mauvais jeu de mots) que les précédentes, et je me suis vraiment amusée à la faire (en même temps, le matériel fourni était top). Quoiqu’il en soit, si vous avez lu le livre, vous pouvez me donner votre opinion en commentaire, je me ferai un plaisir de la lire !

Bouquinement vôtre, Jade

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